jeu 16 nov 2006
Cette question que beaucoup d’amateurs de T.S.F se posent, engendre à l’époque une très large étude.
Par son aspect fascinant, par les innombrables applications que suggère la possibilité de recevoir des images animées, la télévision sera appelée dans les années à venir, à jouer un rôle que l’on est encore loin de soupçonner en 1934. Tous les laboratoires spécialisés du monde apportent un acharnement à sa réalisation. Au cours des dernières années, pas mal de tentatives s’ébauchent un peu partout, notamment aux États-Unis ; malheureusement la transmission de scènes animées pose pas mal de problèmes – à tel point qu’il a fallu faire marche arrière et reprendre patiemment la chaîne dont quelques maillons se sont avérés par trop fragiles. En 1934, le temps n’est pas encore venu d’étudier en détail les moyens mis en oeuvre jusqu’ici pour transmettre ou recevoir des images animées. On se limite à souligner une voie dans laquelle la technique spécialisée étrangère semble s’orienter. Auparavant , on va essayer d’accuser la différence fondamentale existant entre la transmission d’une image fixe et celle d’une onde sonore.
Lorsque le microphone installé dans un studio perçoit une onde sonore, il la traduit en vibrations électriques. Si tout est parfait, alors par le truchement du poste émetteur et du récepteur, le haut-parleur restituera des vibrations telles qu’elles ont été émises. La membrane du haut-parleur prendra des déplacements plus ou moins complexes ; à son tour elle ébranlera l’air ambiant, générant ainsi, au lieu d’écoute, des trains d’onde sonore qui attaqueront notre système auditif.
On conçoit que dans le temps, c’est à dire à un instant déterminé, notre appareil auditif ne recevra qu’une impulsion à la fois – une corde ne pouvant être simultanément en deçà et au delà de sa position d’équilibre. C’est la suite de ces impulsions qui nous donnera l’impression musicale.
On peut donc +/- considérer que notre cerveau reconstitue un son en mettant bout à bout, des éléments, qu’il reçoit un à un. En revanche pour la vue : fixons un échiquier : si nous sommes placés à une certaine distance, nous verrons, par exemple les quatre cases du centre, mais nous percevrons également la totalité des cases qui les entourent. En reculant progressivement le champs visuel s’élargit et l’oeil reçoit une quantité énorme d’impulsions, provenant des myriades de points lumineux qu’il embrasse. En ne considérant que l’échiquier lui-même, nous pourrions dire que nous recevons soixante-quatre impulsions : trente deux blanches et trente deux noires, en assimilant, par hypothèse une case noire ou une case blanche à un seul point lumineux. Équipons maintenant notre échiquier d’un jeu de lampes susceptibles d’éclairer chaque case séparément (les blanches en blanc et les noires en rouge) et mettons-nous dans l’obscurité. Ensuite par un mécanisme approprié, éclairons chaque case dans un ordre quelconque. Si cette opération a lieu lentement par exemple avec une durée d’une seconde par case, nous perdons totalement la notion de l’échiquier. Nous ne nous trouverons plus qu’en présence de taches successives qui ne reconstitueront pas pour l’oeil l’objet initial. Il faudrait alors éclairer chaque case un certain nombre de fois par seconde, de telle manière que l’éclairement donné vienne frapper la rétine avant qu’elle ait perdu l’impression du précédent éclairement. Cette même persistance de la rétine a permis/autorisé l’invention du cinéma.
Car en effet, pour arriver à transmettre une image, il conviendra de transformer les points contenus dans le champs visuel en autant de vibrations électriques, celles-ci attaquant à leur tour un émetteur radio-électrique. Avec les procédés connus en 1934, on est rapidement limité, surtout si l’on envisage des transmissions sur les ondes moyennes. Les ondes offrent un plus large spectre de solutions mais elles ont d’autres inconvénients. Pour pallier à la difficulté de la division des scènes à transmettre en un très grand nombre de points lumineux, certains techniciens allemands ont réalisé un ensemble de transmission de télévision faisant appel au film cinématographique courant. Les scènes à téléviser sont alors enregistrées sur pellicule 35 mm.
On pense par ailleurs, et judicieusement, que l’enregistrement d’actualités en vue de les retransmettre peut être un phénomène fécond, et l’on se met à envisager l’établissement d’émetteurs de télévision. Au même moment, au cinéma, on retrouve Edwige Feuillère et Raimu dans ‘ ces Messieurs de la santé ‘.
‘ Rags ‘ Sabam N° lic. A-4/16/880